Petits coins de paradis coincés entre les voies ou les routes
Bonjour,
Déjà enfant, j’aimais – lors d’un voyage en train ou en voiture, parfois simplement en trolley-bus ou à pied – découvrir des lopins de terres coincés entre des voies de chemins de fer ou des routes. Parfois, c’étaient des jardins qu’une personne s’était appropriées: un peu de liberté et de nature dans un environnement technique. Parfois, ce n’était que la Nature. Pardon, je corrige la phrase: parfois, c’était la Nature. Elle avait repris le dessus, repris des forces et regagner du terrain sur le Construit et l’Organsisé.
La tête appuyée contre la vitre, ressentant ses vibrations produites par la marche du train, alors que je suis en déplacement en direction de Berne ou en direction de Genève, je regarde le plus près possible. Avec la vitesse, je vois défiler à toute vitesse des choses qui finissent pas ne plus être que des points, des traces de couleurs. Je regarde plus loin et j’en repère un. Là où une voie s’écarte pour prendre une autre direction, naît un triangle qui d’abord minuscule devient parfois un quai, parfois se termine ou parfois un p’tit coin de paradis. J’imagine que personne n’y vient jamais, que la « main de l’Homme n’y a jamais mis le pied ». D’ailleurs, à part moi, qui aurait envie de venir, même pour un court instant, à cet endroit, coincé entre les voies, dangereux peut-être par le passage du train? Je m’imagine pique-niquant, profitant du silence et de la vue pendant les moments où il n’y a pas de train ou pas de voiture. J’imagine ce que ce p’tit coin peut-être à un autre moment: la nuit, sous la neige, en plein été sous un bon gros cagnard. Je me dis aussi que ce p’tit coin était sans doute là avant moi et qu’il le sera encore alors que je ne serai plus. Je me demande aussi qui l’a aperçu, si quelqu’un a été assez fou pour venir le visiter?
J’ai eu des réponses à ces questions alors que j’avais quatorze ou quinze ans et que ma classe était allée visiter le Musée de l’art brut à Lausanne. J’ai vu alors que d’autres osaient et que d’autres étaient sensibles à ce que j’essaie d’écrire, de décrire ci-dessus. Attention, je ne me qualifie pas d’artiste (bien trop le font), je me contente – et c’est déjà très prétentieux – de m’accorder au moins une qualité: celle de prendre du temps pour voir et penser à des endroits que personne ne remarque.
Si j’avais un peu de temps, un peu de courage et beaucoup d’abnégation, je me lancerais dans le projet de photographier quelqu’uns de ces endroits. Je pourrais appelé ça le « Guide déraisonnable des p’tits coins de paradis auxquels on ne prête guère attention ».
Pour mes répérages, à part la tête appuyée contre la vitre, Google Maps ou Plans d’Apple me seraient de précieux outils.
C’est décidé: je me lance!
Et voici le premier:
On pourrait aussi en faire un jeu: où est-ce?
Bien à vous!



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